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Lundi 13 juin 2011 1 13 /06 /Juin /2011 15:36
Source : Rania Hamdi, tsa-algerie.com : link
 
TSALes experts tirent la sonnette d’alarme quant aux grandes difficultés financières auxquelles sera fatalement confrontée l’Algérie, dans quelques années, dans le paiement des pensions de retraite. Le rapport d’une étude intitulée « Le vieillissement démographique en Algérie : réalité et perspectives », remis ce dimanche 12 juin aux participants au Colloque maghrébin sur la population donne de nombreux indicateurs au sujet de l’impact du vieillissement de la population sur le système de retraite, qui se traduira par un déséquilibre financier entre apport des cotisants et pensions des retraités.
 
En 2010, la population active a été évaluée à près de 10,8 millions pour près de 2,2 millions de retraités. Au fur et à mesure que les années passeront, l’écart entre les deux catégories diminuera progressivement. Ainsi, les projections disent que l’Algérie comptera 12 millions d’actifs en 2015, environ 16 millions en 2030 pour une population globale dépassant les 45 millions d’âmes et moins de 19 millions en 2045 pour plus de 50 millions d’Algériens.
 
En parallèle, le nombre d’actifs qui quitteront, à chaque période, le marché du travail à cause de l’âge, augmentera sensiblement. Il est attendu, en effet, que le nombre de personnes qui rallongeront la liste des bénéficiaires des pensions de retraite sera  de 767 000 (chaque année) jusqu’à 2015, puis il passera à 1,3 million jusqu’en 2030 et à 2 millions en 2045. « La conjoncture démographique qui, jusquelà, a été un avantage pour un équilibre financier favorable entre actifs et retraités, jouera, dans les années futures, un rôle contraire », estiment les auteurs de l’étude.
 
L’espérance de vie, qui est passée de 47 ans en 1962 à 76 ans en 2010, conjuguée à la baisse du taux de natalité, concourent à augmenter le volume de la population âgée de 60 ans et plus, qui évolue au rythme de 4 % annuellement. La tendance commencera à être visible d’ici quinze à vingt ans, c’est‑à‑dire au moment où les générations baby boom des années 70 atteindront l’âge légal de la retraite. « L’effort d’anticipation sur les conséquences de ce nouveau profil démographique sur nos régimes de retraites, s’il n’est pas mené à temps, amènera les gestionnaires du système des retraites à prendre des mesures douloureuses », prévient‑on. D’autant que le taux de la population active suivra inexorablement une courbe descendante.
 
Elle sera, de surcroît, de moins en moins représentée par les jeunes de moins de 35 ans. A contrario, la part des séniors (plus de 55 ans) dans la population active sera de plus en plus édifiante. De 12 % en 2010, la proportion passera à 22 % à partir de l’an 2040. A la contrainte posée par le vieillissement de la population, se greffe le problème du chômage. Il faudra créer, selon les experts, au moins 250 000 emplois, chaque année, pour maintenir le chômage à des niveaux acceptables, mais surtout pour accroître le volume des cotisations à la Caisse de retraite. « Bien que ce chiffre soit quelque peu modeste, il faut rappeler qu’en dépit de l’effort colossal entrepris, ces dernières années, pour faire baisser le chômage, la performance annuelle n’a guère dépassé 180 000 nouveaux postes de travail ».
Publié dans : En Algérie
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