Partager l'article ! Allemagne : Malgré les critiques, Berlin défend la retraite à 67 ans: Source : Karl Meyer, Correspondant à Berlin, lesechos.fr : link ...
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Selon la ministre fédérale du Travail, la forte progression du taux d'emploi des
60-65 ans montre que la retraite à 67 ans est réalisable. Les syndicats, eux, préféreraient un relèvement des cotisations.
Après plusieurs jours d'une polémique lancée par les syndicats et une partie de l'opposition, la ministre allemande du Travail a mercredi fermement défendu la réforme des retraites mise sur les rails par la grande coalition en 2007.
Le texte, qui fait passer progressivement l'âge de la retraite de 65 à 67 ans entre 2012 et 2029, prévoit la rédaction de rapports circonstanciés, tous les 4 ans, sur l'emploi des travailleurs les plus âgés. Le premier, publié mercredi, montre une progression rapide du taux d'emploi des seniors. « Le taux d'emploi des 60-65 ans a doublé depuis 2000, en passant d'environ 20 % à 41,1 % au deuxième trimestre 2010 », a déclaré Ursula von der Leyen. Selon elle, pour faire face au vieillissement rapide de la population, l'Allemagne n'a que trois solutions : « réduire le montant des pensions, augmenter les cotisations, ou reporter l'âge de la retraite. Réduire les retraites, c'est inacceptable, et nous avons un mécanisme de garantie qui les empêche de baisser. Augmenter les cotisations, c'est injuste à l'égard des jeunes générations. Il nous reste donc à allonger la durée du travail ». La ministre veut toutefois « utiliser les 19 ans qui viennent pour améliorer les conditions de travail dans les entreprises ». Elle a appelé les employeurs à changer de mentalité et à se préparer, d'ores et déjà, aux évolutions futures, en adaptant les places de travail, et en favorisant la formation continue de leurs employés, tout au long de leur carrière.
La ministre a reçu le soutien de plusieurs économistes. Martin Dietz, de l'institut IAB, estime ainsi possible un taux d'emploi des plus de 60 ans supérieur à 50 %. Selon l'institut IW, proche des employeurs, le taux d'activité des seniors va se rapprocher dans les années qui viennent de la moyenne de la population.
A l'inverse, les syndicats soulignent qu'une fois écartés les emplois précaires ou les petits boulots, le taux d'emploi des plus de 60 ans tombe à moins d'un quart. Le syndicat IG Metall trouve que les chiffres du rapport « ne sont sûrement pas une raison de se réjouir ». La confédération DGB estime pour sa part que « la marge de manoeuvre financière est suffisante » pour affronter le vieillissement démographique via des augmentations de cotisation. Le président de la CSU bavaroise, Horst Seehofer, a estimé qu' « un allongement de la durée de cotisation ne fait guère de sens tant que les entreprises n'augmentent pas significativement les chances d'emploi des plus de 50 ans ». Face à ces revendications, le président des chambres de commerce et d'industrie avait lui mis en garde contre le risque de destruction d'emplois, si l'on augmentait les cotisations.
Dans un autre rapport présenté mercredi, le gouvernement allemand estime que le montant des pensions pourrait augmenter en moyenne de 1,9 % par an, dans les 15 ans qui viennent, et donc progresser de presque 30 % d'ici 2024, moins vite que les revenus des actifs, toutefois.
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