Partager l'article ! Canada : Les 50 ans et plus : ces exclus du marché du travail: Source : Michel Munger, canoe.ca : link La situation d ...
Les articles mentionnés dans ce site reprennent leur nom d'auteur (si connu ou mentionné)
ainsi que leur source ou leur origine.
Si toutefois l'auteur ou l'éditeur souhaite ne pas voir paraître son article ici,
il sera retiré immédiatement.
Source : Michel Munger, canoe.ca : link
La situation de Muguette Paillé, cette femme sans emploi de 53 ans qui a
volé la vedette au débat des chefs, mercredi, n'est pas unique.
Les personnes plus mûres font plus souvent qu'autrement l'objet de discrimination sur le marché du travail, même si les gouvernements veulent que les gens prolongent leur vie professionnelle.
Les chiffres compilés par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) le démontrent. De 1996 à 2010, la proportion des personnes de 55 ans et plus au sein de la population active a presque doublé. Elle est passée de 8,3 % à 16,1 %.
Les efforts de recherche n'ont pourtant pas toujours porté fruit. Le taux d'emploi des 55 ans et plus se limitait à 29 % en 2010. Pour l'ensemble des Québécois en âge de travailler, la proportion était de 60 %.
Par contre, le taux d'emploi des moins jeunes progresse à petits pas depuis le creux de 18,4 %, atteint en 1995.
Il est normal que le taux d'emploi soit plus bas dans cette tranche de population, souligne Éric Grenier, rédacteur en chef de Jobboom. Certains travailleurs prennent une retraite complète. « Cependant, on doit s'attendre à ce que ce chiffre augmente de façon considérable. »
Les employeurs ne sont pas toujours disposés à faire l'embauche d'une personne expérimentée.
« Ce sont des préjugés très ancrés chez les recruteurs, indique M. Grenier. Lorsqu'ils ont à choisir entre un jeune de 25 ans et une personne de 50 ans, les recruteurs opteront pour la jeunesse. »
« C'est un peu surprenant pour nous, reconnaît Florent Francoeur, PDG de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. Les entreprises refusent d'embaucher quelqu'un de plus âgé en disant qu'il voudra partir dans quelques années. Pourtant, si l'on embauche un travailleur plus jeune, il partira aussi vite parce que l'on ne reste plus chez un employeur toute sa vie. »
« Nous avons beau le crier, les entreprises n'ont aucune planification adéquate de leurs ressources humaines », martèle M. Francoeur.
L'autre fait décourageant pour les travailleurs plus âgés, c'est qu'ils représentent la première cible lorsque des dirigeants effectuent des compressions, en raison de leurs salaires plus élevés. Il devient ensuite difficile de retrouver un bon emploi et le même niveau de vie.
Ce genre de décision des entreprises constitue une erreur stratégique, croit Florent Francoeur.
« C'est souvent la grande entreprise qui dit : je veux réduire mes coûts et la façon la plus simple est de pousser celui qui gagne 60 000 $ vers la retraite pour embaucher quelqu'un qui en gagne la moitié, explique M. Francoeur. On ne prend pas le temps de calculer le coût de remplacement, la non-productivité du nouvel employé, le temps de formation et le temps de recrutement. Dans la vraie vie, remplacer un travailleur expérimenté est un mauvais calcul. »
Michel Munger
Derniers Commentaires