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Source : Alexandre Shields, ledevoir.com : link
Le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, a annoncé hier que les provinces
s'étaient finalement entendues sur un cadre pour offrir des régimes de retraite communs, mais que la réforme du Régime de pensions du Canada devra attendre que le contexte économique s'améliore.
Une décision qui en déçoit plusieurs, mais qui rejoint la position défendue par le ministre Raymond Bachand.
Ottawa mettra donc de l'avant un Régime de pensions agréé collectif, une idée chère à M. Flaherty,
qui dit vouloir ainsi permettre aux Canadiens de se prévaloir d'un mécanisme d'épargne-retraite, notamment les employés de petites et moyennes entreprises et les travailleurs
autonomes.
«Ce nouveau mécanisme d'épargne-retraite du secteur privé viendra élargir l'éventail d'options
d'épargne-retraite dont disposent les Canadiens, a-t-il fait valoir. Il s'agit d'un mécanisme à faible coût dont pourront se prévaloir les employés — peu importe que leur employeur soit
participant ou non — de même que les travailleurs indépendants.» Les employeurs n'auront donc pas l'obligation de mettre la main à la poche, une particularité importante pour le lobby
patronal.
Et pas question, pour le moment, de bonifier le Régime de pensions du Canada (RPC). «Nous nous
sommes penchés sur différentes solutions liées au Régime de pensions du Canada. Nous avons convenu que des fonctionnaires de nos administrations publiques doivent poursuivre leurs travaux à ce
sujet. À notre réunion de juin prochain, nous discuterons des options ainsi que toutes préoccupations à cet égard», a simplement indiqué le ministre dans le cadre de la rencontre avec ses
homologues des provinces et des territoires tenue à Kananaskis, en Alberta.
Jim Flaherty n'écarte pas une réforme majeure du RPC, mais il soutient que le contexte économique
actuel n'est pas propice à une telle démarche. «Ce n'est probablement pas le bon moment pour imposer un fardeau supplémentaire aux employeurs canadiens, car la reprise économique est fragile.
Nous voulons continuer à créer des emplois, alors nous devons être prudents et modérés dans ce que nous faisons si nous voulons que cela fonctionne», a-t-il ajouté.
Un avis qui ne rallie absolument pas toutes les provinces, mais que partage le ministre québécois
des Finances. Raymond Bachand estime néanmoins qu'il ne faut pas reléguer le tout aux calendes grecques. «Vous prenez ces décisions une fois par génération. Vous pouvez prendre du temps pour
étudier les changements de façon plus approfondie», a-t-il dit.
Le ministre Bachand a surtout fait valoir l'importance de s'attaquer au financement du Régime des
rentes du Québec (RRQ). Selon lui, Québec devra impérativement augmenter «progressivement» les cotisations au cours des quatre prochaines années afin de «capitaliser» le RRQ et de le
«stabiliser». Le début des hausses ne pourra toutefois pas se concrétiser avant 2012, au minimum.
Il considère par ailleurs qu'une hausse trop marquée des prestations du Régime des rentes
risquerait d'inciter les Québécois à prendre leur retraite plus tôt, alors que la nécessité de maintenir les travailleurs plus âgés en emploi se fera de plus en plus fortement sentir au cours des
prochaines années.
Modifications cosmétiques
L'Alberta et la Saskatchewan se rangent également du côté d'Ottawa, contre toute augmentation des
contributions au RPC. Mais les ministres des Finances de six provinces, dont l'Ontario, jugent qu'une telle réforme est nécessaire pour assurer aux Canadiens un revenu adéquat pour leur retraite.
Pour le ministre ontarien des Finances, Dwight Duncan, la décision de M. Flaherty de ne pas considérer une augmentation de la couverture du RPC est une erreur.
Du côté syndical, les réactions ont été essentiellement négatives. Selon la CSN, le Canada fait du
surplace avec des «modifications cosmétiques qui ne répondent pas aux problèmes criants de pauvreté». «Il faut plutôt obliger les employeurs à cotiser à un régime de retraite pour assurer une
meilleure retraite à ceux et à celles qui n'ont pas un tel véhicule d'épargne, a notamment souligné Louis Roy, vice-président de la CSN. Comment le ministre Flaherty peut-il être insensible au
fait que la majorité des entreprises, dont 75 000 PME au Québec, n'offrent aucun régime à leurs employés?»
Une étude de l'Institut CD Howe publiée vendredi affirme que, d'ici 35 ans, le nombre des retraités
qui n'auront pas suffisamment épargné pour être en mesure de remplacer 75 % de ce qu'ils gagnaient en travaillant va tripler. Ce sera notamment le cas de près de 45 % des travailleurs
actuellement âgés de 25 à 30 ans, selon l'étude. Ce sont 30 points de pourcentage de plus que dans le groupe des Canadiens partis à la retraite durant les cinq dernières
années.
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