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Source : Simon Lord, argent.canoe.ca : link
Pour la toute première fois, les travailleurs du secteur public représentent plus de la moitié de l’ensemble des adhérents à un régime de pension agréé (RPA).
Un changement qui créé réellement deux classes de citoyens, disent les experts.
Les participants du secteur public représentaient en 2009, selon les données le plus récentes de Statistique Canada, plus de 50,2% de tous les adhérents à un RPA, alors que l’emploi dans le secteur public ne représente que 21% de l’emploi total au pays. Dix ans plus tôt, les régimes du secteur public représentaient 46% du total.
Un RPA est un régime établi par un employeur dans le but de verser des rentes à ses employés à leur retraite.
« Le système des régimes de pensions se dégrade », observe Simon Tremblay-Pepin, chercheur à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).
Seuls 39,2 % des tous les travailleurs, soit, 6,02 millions, ont un RPA. Si la participation à ces régimes a augmenté de 0,2%, par rapport à 2008, il s’agit du taux le plus faible enregistré en quatre ans.
Une mauvaise nouvelle pour les travailleurs du secteur privé, car la hausse est attribuable uniquement au secteur public, où le nombre d’adhérents aux RPA s’est accru de 2,6% pour s’établir à 3,02 millions.
Le nombre de participants aux RPA dans le secteur privé, lui, a plutôt fléchi de 2,1%, pour se fixer à près de 2,9 millions.
Deux classes de citoyens
« On est en train de créer deux classes de citoyens, estime Simon Tremblay-Pepin. Les employés du secteur public auront des régimes de pension décents, souvent à prestations déterminées. »
Ce type de régime garantit une rente fixe jusqu’au décès.
« Au privé, les plus chanceux auront des régimes à cotisations déterminées, poursuit le chercheur. Les moins favorisés subsisteront sur des régimes complémentaires comme le régime des rentes, ou n’auront tout simplement rien. »
Les régimes à cotisations déterminées versent une rente qui dépend du rendement de la caisse de retraite, qui peut fluctuer.
La participation aux régimes à prestations déterminées est aussi en baisse. Maintenant à 75%, le taux de participation à ce type de régime se situait à 85% il y a dix ans.
« Au privé, de plus en plus, les individus supportent tout le risque associé à ces régimes. C’est malheureux », déplore Robert Laplante, directeur général de l’Institut de recherche en économie contemporaine.
Une autre mauvaise nouvelle pour les travailleurs du secteur privé qui représentent 85% des adhérents aux régimes à cotisations déterminées.
Dans le secteur public, le taux de participation à un RPA s’élève à 84 % tandis qu'il dépasse légèrement 25 % dans le secteur privé, selon des chiffres de Statistique Canada datant de 2008.
« On change plus souvent d’emploi au privé qu’au public. De plus, si la multiplication des régimes de pension au public viennent compenser des salaires moins élevés qu’au privé, la situation est moins dramatique qu’elle semble », dit Michel St-Germain, de l’Institut canadien des actuaires.
Hausser les cotisations
Par ailleurs, plusieurs RPA ne sont pas solvables. En 2009, plus de 83% de ces régimes accusaient un déficit de solvabilité, c’est-à-dire que la valeur des obligations financières présentes et futures excédait celle de l’argent détenu dans les coffres.
Les cotisations devront augmenter, estime Simon Tremblay-Pepin. « Si on paie de plus en plus, on a l’avantage de rester beaucoup plus d’années à la retraite. L’alternative, hausser l’âge de la retraite, n’est pas attrayant pour plusieurs travailleurs », dit-il.
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