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Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 18:13

Source : Michel Van de Walle, ruefontenac.com : link

 

Rue FrontenacAfin de corriger les lacunes actuelles du système de pensions au Québec, Claude Castonguay recommande la création d’un régime obligatoire d’épargne retraite pour les travailleurs.

La mesure contraindrait tous les travailleurs de 35 ans et plus qui ne sont pas couverts par un régime d’employeur à cotiser pour l’équivalent de 5% de leur revenu brut dans un compte destiné à cette fin.

Les comptes personnels seraient collectivement gérés par un organisme indépendant du gouvernement, qui confierait à des gestionnaires professionnels le soin de générer les meilleurs rendements possible.

Dans un document de 39 pages intitulé «Le point sur les pensions» et rédigé pour le compte du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), l’ancien ministre libéral expose les nombreuses failles du système actuel.

Il constate que, faute d’épargner ou de cotiser à un régime privé chez un employeur, plus de 60% des travailleurs verront chuter substantiellement leur niveau de vie lorsqu’ils parviendront à la retraite.

«Le maintien de la situation actuelle donne lieu à d’inacceptables iniquités résultant du sous-financement du Régime des rentes du Québec et de l’imprévoyance d’un trop grand nombre de travailleurs à l’égard de leur retraite», écrit-il.

Travailleur moyen

Comme bien d’autres avant lui, M. Castonguay note que les travailleurs les moins nantis sont relativement bien protégés par le système public actuel, dont le pilier de base est la pension de la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti qui sont versés par le gouvernement fédéral.

Toutefois, pour les travailleurs dont les revenus s’approchent du salaire moyen ou le dépassent, ces prestations de base sont loin d’être suffisantes pour maintenir l’essentiel de leur niveau de vie à la retraite.

Contrairement à d’autres qui utilisent la règle du remplacement de 70% du revenu à la retraite, M. Castonguay pense que 60% est plus adéquat.

L’ancien ministre note par ailleurs le mauvais état dans lequel se trouve actuellement le Régime de rentes du Québec. En raison des pertes abyssales de 2008, sa réserve s’épuise plus vite que prévu et il faudrait hausser à 10,95% le taux annuel de cotisation (au lieu de 9,9% actuellement) pour corriger le déséquilibre.

M. Castonguay constate aussi que les employeurs sont de moins en moins incités à offrir des régimes à prestations déterminées à leurs employés, parce qu’ils doivent assumer les déficits en cas de dérapage des marchés financiers.

Solution optimale

La mode est plutôt aux régimes à cotisations déterminées, qui ne garantissent pas une rente fixe à la retraite. Celle-ci est plutôt dépendante de la performance des marchés et des choix de placements des gens qui, pour la plupart, n’ont pas les connaissances requises pour s’assurer de bons rendements.

Ne voulant pas alourdir davantage le fardeau des entreprises non plus que mêler le débat autour de la Régie des rentes du Québec, M. Castonguay privilégie donc la voie du REER obligatoire pour combler les déficiences du système actuel.

En obligeant les travailleurs à épargner, en confiant la responsabilité de la gestion des comptes à un organisme indépendant faisant appel à des professionnels, l’ancien ministre pense avoir défini la solution optimale.

Publié dans : Au Canada
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