Partager l'article ! Ces retraités qui pensaient que leur pension suffirait: Quatre retraités lèvent le voile sur leurs galères et leurs difficultés fin ...
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Quatre retraités lèvent le
voile sur leurs galères et leurs difficultés financières.
Le Comité départemental des retraites et personnes âgées (Coderpa) est, sous l'égide du Conseil général, l'instance la plus au fait sur la situation des seniors dans notre département.
Hier matin, les membres de ce comité tenait une réunion. L'occasion de faire un bilan des activités de l'année passée et à venir. Et en particulier de préparer le colloque du 10 juin prochain. Un colloque sur le thème "Ne pas renoncer à vieillir mais accepter de vieillir" qui se tiendra à la salle polyvalente de Montfavet.
Au delà de cette manifestation, qui chaque année attire un public nombreux, le Coderpa agit toute
l'année pour informer les personnes âgées et les retraités au sein de ses permanences qui se tiennent tous les mercredis de 10h à 12h au local situé 25 bis route de Montfavet à Avignon. Toute
l'année, les membres très actifs de cette structure travaillent au sein de commissions sur les sujets qui touchent au quotidien des personnes âgées tels que le pouvoir d'achat, l'isolement des
seniors notamment ceux qui vivent en milieu rural, la santé, l'aide personnalisée d'autonomie et bien évidemment la question des retraites.
Simone, retraitée des Galeries Lafayette, Avignon
"Tant
qu'il y avait le franc, on arrivait à vivre. Je faisais deux sorties et un petit voyage par an. Avec l'euro, plus rien", explique Simone,
ancienne caissière aux Galeries Lafayette. Retraitée depuis 17 ans, elle vit avec 847 € par mois plus 100 € de complémentaire. Le loyer et l'électricité payés, il ne lui reste que 50€ pour finir
le mois. "Principal problème, c'est que je reçois ma pension le 9 du mois et pourtant, le loyer est prélevé entre le 5 et le 9". Mais pas question de se laisser abattre. Elle s'accorde 10€ tous
les deux mois pour le coiffeur. Loin de se faire plaindre, elle veut faire réagir sur la situation des retraités. Militante CGT, elle espère que la manifestation aura un grand impact. "Il
faut que les gens se révoltent, que les jeunes nous soutiennent car leur retraite est en jeu. Du moins s'ils veulent la toucher un jour".
Daniel, ancien enseignant, Le Thor
Il ne se plaint pas. Daniel Gressier, 63 ans, dit toucher "une bonne retraite". Mais son coquet
lotissement laisse deviner qu'il n'a pas le train de vie d'un émir. "Par rapport à mon niveau d'étude, je reste bien en dessous de certains métiers" constate cet ancien prof de lettres.
"Entre
les études de ma fille, les loisirs, le coût de la vie
on est vite dans le rouge." Au-delà de son cas personnel, il se dit "révolté au nom
des retraités". Il parle de ses anciens collègues contractuels et du personnel administratif de l'Éducation nationale qui touchent "des pensions de misère". Celui qui figure sur la liste du Front
de Gauche aux Régionales parle de ces "femmes qui ont de maigres retraites parce qu'elles s'occupent des enfants" et d'un avenir qu'il veut meilleur pour "ceux qui entrent dans le métier." Ce
matin, il manifeste. Pas pour lui, pour les autres.
Joseph, ancien agriculteur, Pernes
Joseph Pantagrène raconte avoir gardé les moutons de son père "dès l'âge de raison."
"On
vivait bien, même avec un hectare". À bientôt 80 printemps, cet ancien exploitant agricole pernois a travaillé plus d'un demi-siècle avant de
prendre sa retraite. Soit entre 1200 et 1300 € mensuels, retraite de son épouse comprise. "Vous imaginez
" lâche-t-il, un brin désolé. Mais pas franchement révolté: "Vous savez, nous, les
agriculteurs, on a longtemps été allergique à la mise en commun
" Alors comment le couple remplit-il le frigo de sa petite maison de Pernes ? "Heureusement, on a mis quelques noisettes de côté.
Sinon, je ne sais pas où on serait. Même pas à la maison de repos, c'est devenu trop cher
" Aujourd'hui, c'est pour la retraite de son fils que Joseph est inquiet. Car l'aîné de ses quatre
enfants a repris l'exploitation du paternel. Qui lui a déjà conseillé de mettre quelques noisettes de côté
.
Michel, ancien chauffeur de bus, Avignon
"Avant, on vivait encore bien. On allait même au bal musette de Monteux deux fois par semaine". "Avant", c'était quand sa femme n'était pas encore malade. Depuis que celle-ci est attenite d'Alzheimer et a dû partir en maison de retraite, Michel Gil broie du noir. Et compte ses sous : entre le loyer de son HLM et la pension de son épouse, il doit débourser 2800 euros. Mille de plus que la retraite du couple. "Je vis en dessous de la pauvreté" se désole ce "pur vauclusien" de 80 ans. "Pour avoir le droit à des aides, on m'a dit qu'il fallait d'abord que je vide nos économies" raconte-t-il. Ce devrati être fait d'ici la fin de l'année. "Cet argent, je rêvais de l'utiliser pour égayer nos vieux jours" regrette-t-il. Pour pouvoir faire face, il demande depuis deux ans à l'office HLM un logement au rez-de-chaussée, pour que sa femme qui se déplace en fauteuil, puisse revenir, et qu'il n'ait plus la maison de retraite à payer. En vain.
Source : La Provence
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