Partager l'article ! France : L'insupportable inégalité devant la retraite: Les fonctionnaires représentent 12 % des pensionnés, mais touchent 31 % des r ...
Les articles mentionnés dans ce site reprennent leur nom d'auteur (si connu ou mentionné)
ainsi que leur source ou leur origine.
Si toutefois l'auteur ou l'éditeur souhaite ne pas voir paraître son article ici,
il sera retiré immédiatement.
Les fonctionnaires représentent 12 % des pensionnés, mais touchent 31 %
des retraites versées par l'Etat. Et ils en profitent plus longtemps, compte tenu de leur espérance de vie.
Seules sont injustes les inégalités dont on ne profite pas ! » Appliquée aux différents régimes de retraite, cette remarque de Georges Elgozy est particulièrement criante pour les différences constatées entre la situation
des fonctionnaires et celle des salariés du privé. Deux chiffres résument tout comme le montre le tableau ci-dessous : le régime des fonctionnaires, qui ne rassemble que 12 % des 22,5 millions
d'ayants droit, concentre 31 % des pensions versées, si l'on en croit la répartition des 176 milliards d'euros de prestations du régime de base. Et même si l'on prend en compte également les 63 milliards d'euros des régimes complémentaires,
les retraités du public touchent encore proportionnellement deux fois plus (24 %) que leur part dans le nombre des pensionnés. C'est la conséquence des différents avantages qui perdurent au
profit du secteur public. La retraite y est ouverte à 60 ans à taux plein en fonction du nombre d'années de service, mais sans application de décote pour ceux qui n'ont pas 160 trimestres
validés. Les pensions sont calculées sur la base des 6 derniers mois de traitement, contre les 25 meilleures années dans le privé. Les fonctionnaires et assimilés ayant eu trois enfants peuvent
s'en aller au bout de quinze ans avec 40 % de leur dernier salaire, tandis que le salarié du privé qui en ferait autant ne toucherait que 10 %.
Enfin, autre inégalité liée au statut, dans le privé, plus de la moitié des salariés partent en retraite en étant au chômage ; dans le public, où l'emploi est garanti, les derniers mois sont
souvent l'occasion d'une dernière promotion. A tout cela, il faut ajouter la plus grande des inégalités, souvent oubliée : le nombre d'années où l'on va profi ter de sa retraite. A 35 ans, les
ouvriers ont une espérance de vie inférieure de deux ans à celle des employés, et de six ans inférieure à celle des cadres. Les ouvriers devraient partir plus tôt, ou toucher davantage puisqu'ils
en profiteront moins longtemps. Les données fournies ne permettent plus de distinguer aujourd'hui si les fonctionnaires vivent plus longtemps que les salariés du privé, mais il est probable que
les écarts constatés subsistent : ils étaient de deux ans de vie au profit des employés du public.
L'espérance de vie varie aussi fortement d'une région à l'autre. A l'exception de l'Ile-de-France, on constate une espérance de vie à la naissance de deux ans plus élevée au sud de la Loire par
rapport au nord (l'écart est même de quatre ans avec le Nord-Pas-de-Calais). Si l'on cumule ces différences, tout se passe comme si l'ouvrier du Nord-Pasde-Calais vivait douze ans de moins qu'un
cadre du public de la région Paca Ces chiffres sont socialement explosifs, c'est sans doute la raison pour laquelle ils ne sont jamais mis en avant.
Source : Michel Godet, Challenges.fr : link
Derniers Commentaires