Partager l'article ! Suède : Pas de réforme des retraites: Le projet français de réforme des retraites et la focalisation des débats sur le recul de l’âge ...
Les articles mentionnés dans ce site reprennent leur nom d'auteur (si connu ou mentionné)
ainsi que leur source ou leur origine.
Si toutefois l'auteur ou l'éditeur souhaite ne pas voir paraître son article ici,
il sera retiré immédiatement.
Le projet français de réforme des retraites et la focalisation des débats
sur le recul de l’âge légal de départ ont entraîné un vaste mouvement de grève jeudi 24 juin. En Suède, la réforme du système de retraites a été mise en œuvre dès 1994, et ne devrait pas faire
l’objet de grands bouleversements avant un moment. Comment fonctionne le système suédois, et comment pourrait-il inspirer la France ? Nous avons posé la question à la secrétaire d’Etat Bettina
Kashefi et au chercheur Joakim Palme à l’occasion d’un débat à l’Ambassade.
Un système stable
La Suède fait-elle toujours, et dans le cas des retraites en particulier, figure de "modèle" auprès de ses partenaires européens ?
Pour la Secrétaire d’Etat suédoise chargée de l’assurance sociale, Bettina Kashefi, "la Suède est dans une position très particulière en Europe" sur ce point notamment.
Et en effet, aussi étonnant que cela puisse paraître vu de France, "aucune réforme d’ampleur du système des retraites n’est aujourd’hui nécessaire en Suède", continue le chercheur Joakim Palme, qui vante le caractère durable de ce "contrat générationnel" mis au point en 1994.
De fait, celui-ci, moyennant quelques ajustements, ne semble pas devoir subir de profondes modifications. "85% du Parlement soutient ce système : il est donc stable financièrement… et politiquement !", assure alors la secrétaire d’Etat.
Quels sont ses principales qualités ? Selon Joakim Palme, "il garantit deux objectifs de base : réduction de la pauvreté avec une garantie universelle de revenus", et "financement assuré" en raison d’un niveau de prestations indexé sur la situation économique du pays.
Celui-ci fonctionne avec un système général, qui prélève 18.5% du salaire pour financer la retraite (dont 16% sont alloués à un système de répartition, le reste étant placé dans des fonds de pension au choix de l’individu), et un système complémentaire lié aux conventions collectives ou privé.
Ses principaux défauts ? "C’est un système compliqué !", précise Joakim Palme. L'importance de l'intervention publique a également tendance à entraîner des rigidités sur le marché et, bien qu'il vise une juste redistribution, il favorise les hauts revenus.
Depuis la réforme de 1994, des ajustements ont été effectués. Les gouvernements ont mis en place plusieurs mesures pour financer les travailleurs les plus âgés, mais aussi pour augmenter l’offre de travail pour cette catégorie : diminution des taxes professionnelles, revenu complémentaire pour les travailleurs continuant à travailler après 65 ans, contribution réduite pour les employeurs de travailleurs plus âgés (11 % au lieu de 33%)...
"Aujourd’hui, la Suède est ainsi, après l’Islande, le pays d’Europe dans lequel la proportion d’actifs âgés est la plus importante", annonce alors fièrement Mme Kashefi.
Dans ces conditions, on peut comprendre que la Suède, épargnée par la vague actuelle de réformes, s’oppose à toute harmonisation européenne des retraites. Si, lors du dernier Conseil de l’Union européenne, les ministres ont décidé que les retraites étaient une question d’importance pour la Stratégie Europe 2020, "la Suède, comme beaucoup d’autres pays, considère que c’est une question purement nationale", termine Mme Kashefi.
"Chaque pays doit choisir son propre chemin", confirme Joakim Palme. Mais d’autres pays ont plus ou moins déjà suivi la même ligne qu’en Suède, comme l’Italie, la Pologne ou la Lettonie.
Et en France ? "On se focalise trop sur le recul de l’âge légal de la retraite au-delà de 60 ans, or le gouvernement français doit surtout accorder de l’attention aux conditions de travail. Il existe un groupe de travailleurs, souvent dans les métiers manuels, qui souffre de sérieux problèmes de santé entre 55 et 65 ans. Nous devons ainsi faire en sorte que ceux qui ne peuvent pas choisir de continuer à travailler soient protégés, même si l’ambition de prolonger la durée du travail est en soi raisonnable. Dans les pays nordiques, on investit dans la force de travail et on permet aux individus de travailler plus longtemps, ce qui est moins évident en France".
En Suède, le taux d'emploi des 55-64 ans est de 70% ... contre 38,3% en France ! La moyenne européenne est de 44,7% (chiffres Eurostat 2007).
Source : touteleurope.fr : link
Derniers Commentaires