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Soins de longue durée : Le Conseil d'Etat propose
que les assurés participent aux frais occasionnés par les prestations de soins liées à la vieillesse. Une idée qui ne fait pas l'unanimité. Tant s'en faut.
Les aînés devront-ils participer aux frais occasionnés par les prestations de soins liées à la vieillesse? C'est en tout cas ce que propose le Conseil d'Etat. Le débat sur cette question a été assez vif hier au Grand Conseil.
La loi fédérale sur le financement des soins va changer le 1er janvier prochain. L'objectif de la réforme est de décharger l'assurance maladie d'une partie des prestations de soins liées à la vieillesse. Si l'on décharge l'assurance maladie, il faut donc trouver d'autres sources de financement. Les cantons seront appelés à la caisse. La loi fédérale prévoit également la possibilité, mais non l'obligation, de faire payer les patients également. Cette contribution peut aller jusqu'à 20% de ce que paie l'assurance maladie.
Le Valais doit adapter sa législation à la nouvelle donne fédérale. Comme le temps est court avant l'entrée en vigueur de la nouvelle loi fédérale, notre canton va faire son changement en deux temps. Un décret ayant une durée limitée est discuté cette semaine au Grand Conseil. Une loi prendra le relais plus tard.
Le Conseil d'Etat a proposé d'instaurer la participation des assurés. Le pourcentage n'est pas déterminé, mais sera fixé annuellement, si le texte soumis aux députés est adopté tel quel.
Partis divisés
Lors de la mise en consultation du décret, les socialistes, les libéraux-radicaux, les Noirs et les Jaunes du Haut se sont opposés à cette participation. Tout comme les communes et les prestataires de soins, à l'instar de l'association des EMS. L'UDC, le PDC et les Verts l'ont, par contre, accepté, ces deux derniers partis ont toutefois souhaité limiter cette participation à 10%.
Hier, la cheffe du groupe de l'Alliance de gauche, Marcelle Monnet Terrettaz s'est offusquée de l'introduction de cette participation. A ses yeux, cela brise la solidarité intergénérationnelle. Pour elle, la plupart des personnes qui seront concernées sont des gens qui ont travaillé, cotisé et épargné toute leur vie et qui seront en plus taxés en fin de vie. «Certains devront vendre leur maison pour payer... des soins à domicile», a-t-elle lancé. Pour le député Pascal Bridy (PDC du Centre) par contre, il est normal que chacun doive prendre une partie des soins à sa charge. «Les jeunes participent déjà beaucoup pour aider les aînés avec l'AVS, les cotisations à l'assurance maladie, etc. Il est donc normal que les aînés aisés participent aux frais de leurs propres soins.»
Le Conseil d'Etat souhaite aussi introduire cette participation. Devant la commission parlementaire, le conseiller d'Etat Maurice Tornay a déclaré qu'«une participation permet d'éviter la déresponsabilisation des patients. Le but est également de favoriser les soins à domicile».
Pour la caisse cantonale, le montant en jeu est de l'ordre de 10 millions. Le ministre de la Santé et des finances rappelle que les personnes démunies ne seront pas appelées à contribution. Les bénéficiaires de prestations complémentaires ou de l'aide sociale ne seront pas touchés.
La gauche estime néanmoins que l'Etat doit payer ces soins, puisqu'il bénéficie de finances saines. Un argument que réfute Maurice Tornay. «La Confédération se retire sur le financement des lignes postales, le canton devra suppléer. Dans les domaines social et de la santé, de nouveaux frais apparaissent. A chaque fois l'Etat devra payer. On ne peut donc nous priver d'une source de financement pour les soins de longue durée.»
L'entrée en matière sur le décret a été accepté hier. Le débat de détail a lieu aujourd'hui.
Source : Jean Yves Gabbud, Le nouvelliste.ch : link
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