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On ne peut pas dire que la joie règne sur la douce France.
Pour le plus grand nombre des citoyens, c'est plutôt le spleen, le bourdon et la déprime.
Mercredi dernier, des "retraités maltraités", comme disent ces vieilles gens, descendaient dans les rues pour demander une hausse de leurs pensions et une revalorisation de leur couverture maladie.
"Année après année, les retraités constatent une baisse continue de leur pouvoir d'achat", "depuis plusieurs années, les gouvernements successifs restent arc-boutés sur le principe selon lequel toute hausse de cotisations (...) est exclue, ce qui se traduit en matière de politique de santé par toujours plus de mesures nouvelles restrictives à l'égard des assurés", peut-on lire dans un communiqué commun des syndicats.
On ne rigole pas beaucoup, chez les mémés et les pépés.
Il n'y a pas que les retraités de tout sexe qui soient maltraités. Les femmes en activité professionnelle le sont aussi.
Le 23 février, l'INSEE publiait une étude intitulée "Femmes et hommes en début de carrière". On peut y lire : "Pendant leurs six premières années de vie active, les hommes ont des salaires médians supérieurs de 10% à ceux des femmes (...). Les écards de salaires entre hommes et femmes débutants sont les plus élevés aux deux extrémités des niveaux de diplôme. En moyenne, entre 2003 et 2008, les hommes non diplômés gagnent en début de vie active 23% de plus que les femmes de même niveau. Chez les diplômés du supérieur long, cet écart est de 21%".
Pourtant, la population féminine est mieux formée que la masculine. "En 2008, 37% des gerçons et 51% des filles sont diplômés de l'Enseignement supérieur (...). La proportion des filles sans diplôme ne cesse de régresser depuis 1999", disent les statisticiens.
Voici qui fait sans doute plaisir aux mâles stupides et prétentieux qui fondent une soi-disant supériorité sur leur appendice caudal, mais qui engendre une légitime colère chez nos compagnes.
Ce n'est pas la joie, non plus, chez les personnes du sexe.
Nous attendons tous les effets de la merveilleuse politique promise par un ancien candidat au trône de "président du pouvoir d'achat". Comme Anne, notre soeur Anne, nous ne voyons rien venir.
Pas d'argent, pas d'achats, et la consommation des ménages plonge (-2,7% en janvier, d'après l'INSEE). Voici du bon pour la relance de l'économie !
Que font ceux qui veulent acheter quand leur tire-lire est vide, quand leur bourse est plate ? Ils empruntent, bien sur, comme un vulgaire Etat en faillite. Eux aussi obèrent dangereusement leur avenir.
L'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale a publié hier un rapport décrivant une situation affligeante.
En France, 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. Du coup, le nombre de dépôts de dossiers de surendettement a augmenté de 15% en 2009. C'est ce que l'on baptise une "forte hausse".
Pour faire plus joli, l'endettement moyen par dossier a, lui aussi, augmenté.
Ce n'est pas l'allégresse, chez les pauvres gens.
Et ce n'est pas l'euphorie chez les travailleurs, qui sont de plus en plus menacés par un chômage qui ne fait que croître et embellir.
Le drapeau noir du cafard, de l'angoisse et du pessimisme flotte glorieusement sur le royaume de Sarkozie. L'INSEE -toujours l'INSSE !- indique que "le moral des ménages a connu une baisse significative en février". L'indice qui mesure la joie de vivre dans notre beau pays a chuté de 3%. Comme c'est étrange !
A qui la faute ?
Un sondage BVA/Absoluce/"Les Echos"/"France Info"/etc. montre que 63% des Français désapprouvent la "politique économique" du gouvernement. Allons bon !
Cette critique collective va-t-elle changer quoi que ce soit au comportement des sarkow-boys ?
C'est peu probable, car ces misérables entêtés ne s'intéressent pas à l'économie. Leur truc, c'est l'érection de la police, c'est loppsi, ce sont les fichiers flicards -si utiles en périodes d'élections, dans le Val-d'Oise en particulier-, c'est la lutte pied à pied contre la récidive, c'est la chirurgie des circonscriptions électorales pour mieux assurer leur avenir, ce sont, globalement, tous ces petits riens inutiles et coûteux qui sont censés redorer le blason de leur petit patron.
Par nature, par structure, par fonction et par destination, ils n'entendent pas les gémissements du peuple, ils ne comprennent rien aux difficultés de la population, ils sont incapables de dire le moindre mot des alea malheureux de la vie des habitants du pays qu'ils sont en train de détruire.
Deux équipes médicales -celle d'Angela Sirigu (Centre de neuroscience cognitive de Bron) et celle Maryon Leboyer (hôpital Chenevrier-Mondor)- ont montré qu'une hormone, l'ocytocine, pouvait faciliter la communication des patients atteints du syndrome d'Asperger et d'autisme profond.
La Roselyne Bachelot ne pourrait-elle pas dépenser quelques millions d'euros pour acheter des kilos d'ocytocine et pour les distribuer à ses collègues en sarkomanie ?
Source : François Ribard, Le Nouvel Observateur
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