La Revue de Presse des Retraites
Le ministre français du Travail Xavier Darcos a laissé ouverte mercredi l'option d'une
réforme au mois de juillet du régime des retraites, qui pourrait voir l'âge du départ retardé.
Lundi, les principaux syndicats avaient fait part de leur refus d'une "mascarade de concertation" et d'un passage en force. Nicolas Sarkozy avait parlé d'une réforme en juillet dans une déclaration sur TF1, avant de se raviser.
Sur Canal+, Xavier Darcos est resté évasif, sans écarter l'option d'un vote pendant les semaines de vacances. "Pendant l'année 2010, il y a l'été, il y a l'automne, il y a l'hiver. Pour l'instant, le calendrier c'est celui de 2010 et rien ne pourrait indiquer que la date du mois de juillet serait définitive", a-t-il dit.
Tout en expliquant que le gouvernement souhaitait la concertation, il a précisé : "ce sujet est bien connu de tout le monde, évidemment nous pouvons en discuter mais les données objectives (...), ça, ça ne changera pas, que l'on discute jusqu'au 9 juillet ou jusqu'au 9 décembre".
Un "sommet social" est prévu lundi prochain à l'Elysée. L'Elysée et le gouvernement ont avancé l'idée d'un report de l'âge du départ à la retraite, ce qui pourrait déboucher sur une remise en cause de l'âge légal de 60 ans.
Impopulaire, ce dossier a souvent été traité l'été, comme en 1993 où le gouvernement d'Edouard Balladur avait fait adopter la prolongation de la durée des cotisations dans le privé.
Depuis des réformes menées par la droite en 1993 et 2003, il faut cotiser 40 ans dans le public et 41 ans dans le privé pour avoir une pension de retraite à taux plein, ce qui rend souvent virtuel le droit de partir à 60 ans.
Xavier Darcos a par ailleurs plutôt écarté l'option d'une mise à contribution des revenus de la finance, qu'il a qualifiée de "blague", car selon lui les recettes éventuelles ne suffiraient pas à résoudre le problème structurel de la disproportion entre nombre de pensionnés et d'actifs.
"Nous ne sommes pas à proportion", a-t-il dit. Soumettre à cotisations sociales la totalité des plus-values des stock-options, dont bénéficient cadres et dirigeants de grandes sociétés, aurait rapporté en 2005 3,2 milliards d'euros à la Sécurité sociale, disait la Cour des comptes en 2007.
Si la mesure était étendue aux "parachutes dorés" et aux indemnités de départ, elle rapporterait
trois autres milliards d'euros, calculait aussi la Cour des comptes, qui suggérait de taxer d'autres avantages comme la "retraite chapeau" versée par des sociétés en plus des sommes légales du
régime général.
Source : Thierry Lévêque, édité par Guy Kerivel, Reuters France